Bilan de compétences : comment ça marche et comment bien choisir son organisme

Personne réfléchissant à son projet professionnel dans le cadre d'un bilan de compétences

Faire le point sur son parcours, ses compétences et ses envies avant de changer de cap professionnel : c’est tout l’objet du bilan de compétences. Ce dispositif, accessible à tout salarié, demandeur d'emploi ou indépendant, permet de clarifier un projet professionnel ou de formation à un moment charnière d’une carrière. Encore faut-il savoir comment il se déroule, qui peut le financer et à quels signaux reconnaître un accompagnement sérieux.

Qu’est-ce qu’un bilan de compétences ?

Le bilan de compétences est un accompagnement individuel, mené par un consultant spécialisé, qui vise à analyser les compétences professionnelles et personnelles, les aptitudes et les motivations d’une personne. L’objectif est double : construire un projet professionnel réaliste et, le cas échéant, définir un projet de formation pour y parvenir. Il s’adresse aussi bien à un salarié qui envisage une reconversion qu’à un demandeur d'emploi qui cherche à redéfinir ses pistes, ou à un indépendant qui veut faire évoluer son activité. Contrairement à un simple test d’orientation, il repose sur un vrai travail d’analyse mené sur plusieurs semaines.

Comment se déroule la démarche ?

La loi encadre précisément le déroulement du bilan, qui se structure en trois phases obligatoires : une phase préliminaire, pour clarifier les attentes et vérifier que cette démarche est la bonne ; une phase d’investigation, la plus longue, consacrée à l’exploration des compétences, des valeurs et des intérêts professionnels, ainsi qu’à l’analyse du marché du travail ; puis une phase de conclusions, qui formalise le projet retenu et ses étapes de mise en œuvre. La durée totale ne peut excéder 24 heures, réparties en séances de deux à trois heures sur une période maximale de six mois. Pour préparer ses questions avant un premier rendez-vous, l’organisme d’orientation orientest.pro propose une fiche pratique consacrée au bilan de compétences, qui détaille les objectifs de chaque étape.

Qui peut en bénéficier, et comment le financer ?

Un salarié peut mobiliser son compte personnel de formation (CPF) pour financer tout ou partie de son bilan, avec l’accord de son employeur si la démarche a lieu sur le temps de travail, ou en toute autonomie en dehors de celui-ci. Un demandeur d'emploi peut, de son côté, solliciter une aide individuelle auprès de France Travail (ex-Pôle emploi) ; c’est d’ailleurs un public pour lequel la démarche a du sens, y compris pour une partie des allocataires qui, comme le montrait notre enquête sur les allocataires ne recherchant pas activement un emploi, gagneraient à clarifier un projet avant de reprendre une recherche active. Depuis 2022, tout organisme souhaitant proposer un bilan financé par le CPF doit détenir la certification Qualiopi, gage minimal de sérieux dans le processus proposé.

Bien choisir son organisme : les points de vigilance

Le premier critère est donc la certification Qualiopi, sans laquelle aucun financement public n’est mobilisable. Il faut ensuite vérifier l’expérience du consultant sur le secteur d’activité visé, la méthodologie proposée (tests, entretiens, mises en situation) et la clarté du document de synthèse remis en fin de parcours, qui reste la propriété exclusive du bénéficiaire : personne, pas même l'employeur, n’y a accès sans son accord. Mieux vaut aussi se méfier des promesses de résultats too good to be true ou des offres qui cassent les prix sur la durée légale du bilan : un accompagnement bâclé a peu de chances de déboucher sur un projet solide.

Le résultat d’un bilan peut surprendre : il révèle parfois une appétence insoupçonnée, par exemple pour les langues, chez quelqu’un qui découvre alors l’envie de devenir traducteur, ou pour un métier plus manuel, comme celui de traiteur professionnel. Dans tous les cas, le projet issu du bilan doit être suivi d’un plan d’action concret, avec des étapes datées : formation à engager, réseau à activer, candidatures à cibler. Sans cette suite logique, la démarche reste un exercice sans lendemain, aussi éclairant soit-il sur le moment.

Questions fréquentes

Le bilan de compétences est-il confidentiel ?

Oui. Les résultats appartiennent exclusivement au bénéficiaire, qui décide seul de les communiquer ou non à son employeur.

Peut-on faire un bilan de compétences sans être salarié ?

Oui : les demandeurs d'emploi et les travailleurs indépendants peuvent aussi y accéder, via des dispositifs de financement adaptés à leur statut.

Combien de temps dure un bilan de compétences ?

La durée légale est de 24 heures maximum, réparties en plusieurs séances, sur une période qui ne peut excéder six mois.

Sources

France Travail — Mon compte formation — Légifrance

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